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"Chien de la casse", du cinéma bien de chez nous, mais qui parle à tout le monde

Il faut aller voir "Chien de la casse" de Jean-Baptiste Durand.


Il y a quelques semaines, des tas de gens nous intimaient l'ordre d'aller voire une grosse bouse gauloise pour Sauver le Cinéma Français (cocorico). Il y a peu, beaucoup s'extasiaient sur une très quelconque superproduction mousquetairienne en nous assénant qu'il fallait être fier de notre patrimoine culturel et qu'il faut soutenir ces films pour Sauver le Cinéma Frrrrrrrançais (cocorico).


Je dirai plutôt qu'il faut aller voir "Chien de la casse", de Jean-Baptiste Durand.


Alors oui. Ça parle du quotidien, dans l'arrière pays. Pour plein de personnes de mon entourage, ce film coche toutes les cases de ce dont iels se moquent en disant "c'est un film français".

Ce à quoi je réponds que c'est pas parce qu'il y a des effets spéciaux qu'il y a de l'imagination. C'est pas parce qu'il y a des moyens qu'il y a du talent. C'est pas parce que le rythme est lent qu'on s'ennuie. C'est pas parce que l'étalonnage est pas calé sur des filtres instagram que c'est moche.

Car pour moi, qu'on voit un blockbuster ou un film indé confidentiel, ce qui compte, c'est une bonne histoire. Et souvent, une bonne histoire est assez universelle, quel qu'en soit le décorum, car elle parle d'humain.

Au départ de Star Wars, Luke Skywalker est un jeune adulte, enfermé sur sa planète-désert de Tatooine, espérant échapper à une vie d'exploitant agricole.

Dog et Miralès, les héros de "Chien de la casse", sont de jeunes adultes vivant au Pouget, dans l'Hérault. Dog va bientôt partir s'engager dans l'armée, Miralès rêve plus grand et, en attendant, deale du shit au village.

Luke, Dog, Miralès, leur prison intérieure, comment s'en échapper ou pas... vous voyez ?


Dog est timide, introverti, un peu mou ; Miralès est vif, bavard, dominateur (et cultivé ! Je le note car c'est tellement rare de montrer dans le cinéma d'aujourd'hui un jeune non catégorisé "bourgeois" citer du Montaigne ou Rudolf Hesse). Ils sont amis, frères, depuis le collège mais... leur relation est toxique.

L'arrivée de Elsa, venue garder la maison de sa tante, va rompre cet équilibre. Je vous vois venir alors je vous le dit (sans spoiler) : non, on ne tombe pas dans un bête cliché du triangle amoureux, très loin de là.

Il s'agit bien d'une rupture d'équilibre, la mise en route d'un mouvement là où il n'y avait que stagnation (on est dans de la physique newtonnienne du sentiment).


Et donc il faut aller voir "Chien de la casse" de Jean-Baptiste Durand, tout simplement parce que c'est un bon film.


Et au passage vous irez soutenir le cinéma français. Fait en dehors des gros circuits de production et de promo, dont le succès repose avant tout sur les qualités du film.

Du ciné fait avec amour, avec les tripes, mais aussi avec intelligence et finesse.

Car même si genre de film c'est pas votre kif à la base, il est toujours bon de s'ouvrir l'esprit en allant voir des trucs différents (c'est bon pour l'ouverture d'esprit et l'imagination), et ce faisant, permettre l'expression de formes de création différentes.

Donc, au cas où vous n'ayez pas compris la morale que j'ai subtilement distillée au long de cet article :

Il faut aller voir "Chien de la casse", de Jean-Baptiste Durand.

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